Photo : Sophie Bourdon

La Compagnie

Historique

En 2000, la Compagnie « Sofa » naît avec le spectacle Prévert de rage accueilli en résidence au Théâtre du Nord par Stuart SEIDE dans le cadre du « Printemps des Poètes ». Ce spectacle créé par Sophie BOURDON, porté par quatre interprètes féminines (Anne LEPLA, Margarida GUIA, Anne-Gaëlle PONCHE et Fabienne LOTTIN) est un collage de poèmes de Prévert, rythmé par des chansons et illustré par les collages papiers projetés, du plasticien Philippe MARTINI (alias Artmini).

 

 

Collage : Artmini

Un vif succès auprès du public et des professionnels est remporté et Prévert de rage part en tournée pour une quinzaine de dates dans la région Nord-Pas de Calais : au « Zem Théâtre à Lille », sur la Scène Nationale « Le Phénix » à Valenciennes alors sous la direction de Lev BOGDAN, au « Festival de la Biographie de Neuville-en-Ferrain », à UTL dans le cadre de l’Université de Lille III


En 2005, la compagnie «Sofa» s’associe à la compagnie « Poupées de chimère » à l’occasion du spectacle Normales à en mourir, qui sera accueilli par la Scène Nationale, « la rose des vents » dans le cadre du Festival Labomatic la saison suivante. Sophie BOURDON en élabore la mise en scène.


En 2008, Didier THIBAUT, directeur de la « rose des vents » qui a apprécié le travail de l’équipe passe alors une commande à la metteuse en scène et aux comédiennes de Normales à en mourir pour une nouvelle création. La compagnie « Sofa » devient alors « En Compagnie des Anges » (nom inspiré par un dessin de Federico GARCIA LORCA) dont le siège se trouve désormais à Faches-Thumesnil dans le Nord.

Sophie BOURDON, rencontre Claude D’ANNA auteur de pièces de théâtre, scénariste, metteur en scène d’opéra et réalisateur qui accepte pour le grand plaisir de la compagnie, de retraduire et d’adapter La Maison de Bernarda de Federico GARCIA LORCA dans une version plus cinématographique que l’original. Le spectacle s’intitule Le Cauchemar de Bernarda.

 

Dix acteurs sont choisis pour cette adaptation : Corinne MASIERO (nominée aux Césars de la meilleure actrice en 2013) interprète le rôle titre, Emilie DEQUEANT puis Annie POLI jouent La Poncia, des comédiennes de la compagnie « Poupées de chimère » (Jennifer BOULET, Charlotte MÜKLICH, Priscilla SOMBRET, Charlotte TALPAERT, Chloé THOREY), Carine BOUQUILLON ainsi qu’une danseuse Amelia ESTEVEZ incarnent ses filles, tandis que Philippe POTIEZ, comédien/danseur joue un étalon qui rôde autour de la maison… L’Animal comme incarnation du désir féminin… Assistants : Marie-Pierre FERINGUE et Cedric LE MAOÛT. Lumière : Corinne BOUDELICQUE. Son : Nicolas CREMERY. Costumes : Emmanuelle THOMAS. Administration : Aline DAIX.

 

Une étape de travail est présentée à La « rose des vents », dans le cadre du Festival «Labomatic» en avril 2009. La création a lieu au Théâtre de La Verrière à Lille en janvier 2010 et remporte un vif succès auprès du public venu nombreux dans ces deux théâtres (salle comble à chaque représentation!).

 

En février 2013, Sophie BOURDON décide de créer un nouveau spectacle. Occasion avec le centenaire de la « Grande Guerre », de sensibiliser le public, dès l'enfance, sur les questions de la violence. Un texte pour la jeunesse publié aux Editions Sarbacane ayant reçu le soutien d’Amnesty International et de L’historial de la Grande Guerre. Une création néanmoins destinée à tous les spectateurs à partir de 7 ans. Deux interprètes féminines, Hélène VAN GEENBERGHE et Floriane POTIEZ, sont choisies pour incarner deux soldats perdus dans l’absurdité de la guerre. « Le Petit Théâtre » de Templeuve dans le Nord, accueille la compagnie en résidence en novembre 2013 pour une création le 1er décembre 2013. L'Ennemi plaît et tourne très vite dans de nombreuses villes de la région Nord-Pas-de-Calais et en dehors (Historial de la Grande Guerre de Meaux, Communauté de Communes du Coeur d'Ostrevent, Haubourdin, Centre Mondial de la Paix à Verdun, Artois Comm, Communauté de Communes du Val de Sambre, Théâtre des Tisserands à Lomme, Ronchin, Noyelles-sous-Lens...). A l’heure actuelle, des contacts sont en cours dans le Nord-Pas-de-Calais et dans d’autres régions pour continuer à diffuser le spectacle.


Choix littéraires et lignes artistiques


Les spectacles créés par « En Compagnie des Anges » traitent d’un thème récurrent central : le combat contre la peur (dûe à l’oppression sociale, culturelle, politique…) que ce soit la peur de l’Autre, vis-à-vis d'un inconnu ou d'un membre de sa propre famille. La compagnie s’attache tout particulièrement aux personnages de condition modeste, à ceux qui tombent et essaient de se relever envers et contre tout.


Une grande traversée, une exploration du début de notre siècle à aujourd’hui… sans doute pour mieux tenter de comprendre et d'essayer de donner à voir la complexité de notre monde contemporain. Sans avoir la prétention de donner des réponses, mais de soulever des questions, de permettre leur émergence…


Jacques PREVERT, Federico GARCIA LORCA (La Maison de Bernarda retraduite et adaptée par Claude D’ANNA, scénariste pour le cinéma et la télévision) puis, Serge PROKOFIEV, Davide CALI et l’illustrateur Serge BLOCH... Qu’avons-nous vu de commun entre ces auteurs qui nous donnent envie de mettre en chair, en nerfs et en os leur écriture ?


L’oeuvre de tous ces écrivains est traversée par la thématique de la guerre ou de la révolte par rapport aux schémas établis. Un style cinglant, observateur de la société, du fonctionnement de la famille ou des comportements grégaires soumis aux règles sociales et qui finissent par détruire l’individu. Une arme commune : l’humour et la poésie dont ils usent volontiers pour décrire les êtres et les situations en profondeur.

 

Prévert de rage


Le titre du premier spectacle de notre compagnie, « Sofa » a été inspiré par quelques vers extraits du poème « La Chasse à l’enfant » (Paroles) :
« …Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !
Tous ces messieurs sur le rivage

Sont bredouilles et verts de rage… »

 

Nous avons été séduits par la poésie, par cette écriture foisonnante, empreinte tout à la fois de légèreté et de gravité, d’une apparente spontanéité, aussi foudroyante que le souffle de la révolte de ce poète à l’égard du monde qui l’entoure. Chaque poème relate une scène de vie, les protagonistes y sont de petites gens écrasés, la plupart du temps, par leur destin ou le poids d’une société qui les néglige. PREVERT donne voix à ceux qui ne peuvent s’exprimer eux-mêmes… ceux qui par impuissance ou pudeur se taisent ou que l’on ne veut pas entendre. Nous avons vu en ce poète, un précurseur de notre époque, lui qui s’amuse à passer du coq à l’âne avec ses petites histoires du quotidien mises bout à bout, lui qui était féru de collages de papier. L’inspirateur, pourquoi pas, du courant musical rap, procédant lui-même par collages verbaux, par assemblages de bandes sonores poétiques. Ces procédés nous ont semblé être un appel au jeu, au drame, à la comédie… en deux mots : au théâtre. La compagnie étant attachée à la dimension visuelle du théâtre, il a semblé naturel de faire appel au plasticien Philippe MARTINI (dit Artmini) pour construire un décor projeté, constitué de collages réalisés spécialement pour le spectacle. En outre, Prévert de rage a été tourné dans des lieux non théâtraux, tel que le gallodrome de Neuville-en-Ferrain dont la scénographie a été adaptée pour cette occasion. Une manière de rendre la représentation encore plus signifiante dans ce lieu habituellement dévolu aux combats de coqs et d’aller rencontrer un public différent, peu habitué aux salles obscures.


Photo répétitions : Claude d'Anna

Le Cauchemar de Bernarda


Pour le spectacle intitulé La Maison de Bernarda, nous avons demandé à Claude D’ANNA de retraduire le texte qu’il a adapté dans un langage plus cinématographique tout en respectant la poésie de l’auteur. Nous avons profité de son talent d’auteur de théâtre et de scénariste pour donner voix et chair à des personnages et des situations qui demeurent contemporaines. Il a fait parler la famille comme le feraient les membres d’une famille d'aujourd’hui et créé la figure de l’Etalon qui n’existe pas dans le texte original, pour faire basculer l’imagination des spectateurs dans le monde des rêves et des cauchemars, inspiré par Les caprices, série de dessins de GOYA.


La Maison de Bernarda est l’histoire d’une mère tyrannique qui enferme ses cinq filles pendant huit années pour porter le deuil du père, avec l’interdiction de fréquenter un homme. Nul mariage d’amour possible, encore moins de rapport charnel concevable, si ce n’est quant à un certain âge, il faut pour une femme bien élevée, finir par se marier, comme il se doit, uniquement pour se conformer à la société. De surcroît, dans cet univers clos, la parole est interdite, censurée. Tout au long de ce drame, Bernarda n’a de cesse de répéter : « Silence ! ».

 

Cette pièce est l’histoire d’une famille asphyxiée par la promiscuité. Notre travail a consisté à mettre en exergue l’explosion des désirs refoulés et la violence des rapports parents-enfants sous l’égide de la loi patriarcale perpétrée par une femme… Entre les phrases prononcées par les personnages se glissaient des tableaux silencieux ou musicaux qui révélaient les pensées intimes des personnages. Nous avons créé une dichotomie entre ce qui était dit et montré, comme pour mesurer la solitude des personnages, et dans un procédé inspiré par BRECHT, afin de montrer les mécanismes des situations et pas seulement les situations elles-mêmes.


Comment les jeunes filles se révoltent par rapport à cette soumission établie, à cet ordre immuable et absolu ?… Thème hélas toujours actuel dans nos sociétés, recrudescent même, depuis quelques années en raison de fanatismes religieux… Métaphore encore avec cette pièce de la guerre civile espagnole et des prémices de la Seconde guerre mondiale… Tout comme le personnage de Bernarda dévaste sa famille, un pays n’hésite pas à sacrifier sa population.


Une fois encore, nous avons tenu à ce que ce drame contrasté par l’humour d’une langue exacerbée, soit mis en relief par une création visuelle, proche du registre du conte. Nous avons joué sur la distribution (constituée d’actrices mais aussi de deux danseurs), une bande son intense, proche de celles utilisées pour le cinéma d’action. L’éclairage incitait au mystère et à l’onirisme. Une pièce de théâtre comme un opéra.


Le Cauchemar de Bernarda from En Compagnie des Anges on Vimeo.

Photo : Claude d'Anna

L’Ennemi


Comment évoquer la guerre auprès d’un jeune public qui en connaît les prémices dès la cour de récréation à la maternelle ? Les jeux de guerre pour les enfants sont depuis tout temps très en vogue, et ce phénomène est encore renforcé par le virtuel qui représente aujourd’hui un marché colossal. Jeux insouciants, sans conséquences ou au contraire, dangereux ? Et si peu de textes sur ce thème à destination de la jeunesse… Comment faire mesurer au jeune public les conséquences de la violence sans l'agresser?


C’est ce qu’offre ce texte : dans un style naïf mais non pas innocent ou encore moins infantilisant. C’est pourquoi Sophie BOURDON à la lecture de L’Ennemi de Davide CALI, illustré par Serge BLOCH a aussitôt eu envie d’amener ce conte au théâtre. Un ton épuré, avec une seule voix pour les deux soldats qui permet au lecteur ou au spectateur de s’identifier aux deux héros de cette histoire et donc de prendre position. D’où l’idée de renforcer encore cette intimité avec le public par la mise en place d’une interactivité de la représentation.


Le parti pris est fondamentalement sonore et visuel : le quotidien de soldats et leurs rituels de survie sont mis en exergue, tout comme les souvenirs de la vie « normale » et les pensées secrètes des deux protagonistes. La mise en scène, comme dans les autres spectacles de la compagnie, oeuvre à faire surgir les non-dits du texte par une interprétation très corporelle (par la manipulation de beaucoup d’objets parfois détournés de leur usage normal). La bande son est le troisième interprète de ce spectacle : la guerre comme adversaire et partenaire supplémentaire avec laquelle il faut composer.

 

DOSSIER COMPLET DU SPECTACLE DISPONIBLE SUR LE SITE A LA RUBRIQUE L'ENNEMI.


Pierre et le loup

 

"En Compagnie des Anges" a souhaité accueillir le projet initié par Anne Wischik, pianiste qui a proposé de mettre en musique le conte de Prokofiev. Sophie Bourdon en a assuré la mise en scène, d'autant plus séduite par cette proposition que l’équipe envisagée paraissait idéale du fait de la personnalité des artistes réunis pour raconter cette histoire. Une jolie manière de se replonger dans l’univers du conte qui a bercé notre enfance… Ce conte musical populaire, naïf et universel écrit en 1936 pour tout un orchestre nous a permis d’imaginer une version revisitée, accessible à tous et permettant d’aller à la rencontre de tous les publics à partir de 6 ans, où qu’il se trouve.

 

Suite à la création de L'Ennemi, cette nouvelle aventure permet à la Compagnie de continuer à explorer la thématique de la peur pour les tous petits par les voies de la poésie et de l'humour.

 

DOSSIER COMPLET DU SPECTACLE DISPONIBLE SUR LE SITE A LA RUBRIQUE PIERRE ET LE LOUP.


 

Texte référence pour notre compagnie : Le droit à la culture


Discours de Federico Garcia Lorca à la population de Fuente Vaqueros (Grenade), en septembre 1931


« Quand quelqu'un va au théâtre, à un concert ou à une fête quelle qu'elle soit, si le spectacle lui plaît il évoque tout de suite ses proches absents et s'en désole: "Comme cela plairait à ma soeur, à mon père!" pensera-t-il et il ne profitera dès lors du spectacle qu'avec une légère mélancolie. C'est cette mélancolie que je ressens, non pour les membres de ma famille, ce qui serait mesquin, mais pour tous les êtres qui, par manque de moyens et à cause de leur propre malheur ne profitent pas du suprême bien qu'est la beauté, la beauté qui est vie, bonté, sérénité et passion. C'est pour cela que je n'ai jamais de livres. A peine en ai-je acheté un, que je l'offre. J’en ai donné une infinité. Et c'est pour cela que c'est un honneur pour moi d'être ici, heureux d'inaugurer cette bibliothèque du peuple, la première sûrement de toute la province
de Grenade. L'homme ne vit pas que de pain. Moi si j'avais faim et me trouvais démuni dans la rue, je ne demanderais pas un pain mais un demi-pain et un livre. Et depuis ce lieu où nous sommes, j'attaque violemment ceux qui ne parlent que revendications économiques sans jamais parler de revendications culturelles: ce sont celles-ci que les peuples réclament à
grands cris. Que tous les hommes mangent est une bonne chose, mais il faut que tous les hommes accèdent au savoir, qu'ils profitent de tous les fruits de l'esprit humain car le contraire reviendrait à les transformer en machines au service de l'état, à les transformer en esclaves d'une terrible organisation de la société. J'ai beaucoup plus de peine pour un homme
qui veut accéder au savoir et ne le peut pas que pour un homme qui a faim. Parce qu'un homme qui a faim peut calmer facilement sa faim avec un morceau de pain ou des fruits. Mais un homme qui a soif d'apprendre et n'en a pas les moyens souffre d'une terrible agonie parce que c'est de livres, de livres, de beaucoup de livres dont il a besoin, et où sont ces
livres? Des livres! Des livres! Voilà un mot magique qui équivaut à clamer: "Amour, amour", et que devraient demander les peuples tout comme ils demandent du pain ou désirent la pluie pour leur semis. - Quand le célèbre écrivain russe Fédor Dostoïevski - père de la révolution russe bien davantage que Lénine - était prisonnier en Sibérie, retranché du monde, entre quatre murs, cerné par les plaines désolées, enneigées, il demandait secours par courrier à sa famille éloignée, ne disant que : " Envoyez-moi des livres, des livres, beaucoup de livres pour que mon âme ne meure pas! ". Il avait froid ; ne demandait pas le feu, il avait une terrible soif, ne demandait pas d'eau, il demandait des livres, c'est-à-dire des horizons, c'est-à-dire des marches pour gravir la cime de l'esprit et du coeur. Parce que l'agonie physique, biologique, naturelle d'un corps, à cause de la faim, de la soif ou du froid, dure peu, très peu, mais l'agonie de l'âme insatisfaite dure toute la vie. »

DOCUMENTS A TELECHARGER

REVUE DE PRESSE DE 2000 A 2010
Revue de presse et programmes Compagnie.[...]
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REVUE DE PRESSE DE 2013 A 2014
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REVUE DE PRESSE 2015
Revue de presse L'AUTRE RIVE.pdf
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ARTICLE L'ENNEMI WATTIGNIES
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